Frédéric Vergez

IA-titude

L'humain dans la boucle

Thou shalt not make a machine in the likeness of a human mind.

Orange Catholic Bible, Dune (Frank Herbert)

J’ai d’abord été un opposant ferme à l’IA pour écrire du code, pour une raison simple : les humains codaient encore mieux qu’elle. Ce n’est plus le cas. Hormis quelques cas très spécifiques, l’IA écrit aujourd’hui du code meilleur, et beaucoup plus vite, qu’un développeur.

Le savoir-faire humain ne disparaît pas pour autant : il se déplace. Il porte désormais sur l’architecture, sur l’organisation du travail, et sur la sécurisation du code que l’IA produit.

La maîtrise des langages, des structures de code et des techniques de développement reste nécessaire. Il s’y ajoute une compétence nouvelle : savoir concevoir et utiliser correctement des harnais d’IA, c’est-à-dire le cadre d’instructions, d’outils et de vérifications dans lequel l’IA travaille. Un harnais permet d’exprimer la méthode et les techniques d’un développeur, puis de les automatiser.

C’est pourquoi je me concentre désormais sur l’architecture, l’audit et le conseil. L’IA m’y accompagne, mais c’est le savoir-faire qui décide : ce qu’il faut construire, comment l’encadrer, et ce qu’on peut accepter de ce qu’elle produit.

Je continue de produire le code qui réalise mes architectures. Mais il est désormais essentiellement généré à partir de spécifications : plans d’architecture, et contrats, c’est-à-dire les garanties et les contraintes que le code doit respecter, traduites en tests et en vérifications.

Le code que j’écris encore entièrement à la main, je le garde pour mes projets personnels : des projets de loisir, sans lien avec mon activité professionnelle, le plus souvent dans des langages exotiques ou très techniques. C’est là que je continue d’explorer, pour le plaisir du code.